Projet de solidarité internationale Vietnam 2015

Genèse de l’action

La découverte du village de Thuo Khuong …

Dans cette partie, et souvent à l’avenir, je citerai Thuy, Jean ou l’Association les Sampaniers du Vietnam pour les explications qu’ils nous auront fournies. Elles seront entre guillemets et/ou en retrait.

Nous empruntons la route, soudainement abîmé, comme si n’importait que la route qui amenait les touristes jusqu’à la Pagode, parfaitement entretenue. Trous, sable et ce qu’il reste du goudron forment la chaussée. Nous roulons au pas, secoués par les vibrations de nos vélos. Nous arrivons sur le site où vivaient les premiers sampaniers aidés par Thuy, Jean et l’association les Sampaniers du Vietnam. (L’histoire de ce peuple remonte à bien plus longtemps, mais nous nous intéressons à leur situation juste avec l’action de Thuy.) Un cours d’eau sur lequel flottent des embarcations en bois, toutes quasiment identiques. Beaucoup semblent avoir subit des accidents comme en témoignent les nombreuses réparations apparentes. Tout est bon pour recouvrir le petit espace habitable où vivent jusqu’à une dizaine de personne : tôles rouillées ou non, bâches, morceaux de bois, ficelles… il n’y en a pas beaucoup, moins de dix. Où sont les autres ?

Aucun bruit, nous découvrons un mode de vie différent du notre. Stop, arrêtons-nous quelques instants. Jean nous donne quelques explications.

Les Sampaniers, qui sont-ils ?

Il s’agit d’une tranche de la population de Hué, constituée de familles laborieuses vivant et travaillant à bord d’embarcations sommaires. Ces gens sont appelés sampaniers (car) leur bateau se nomme sampan. Depuis des générations, ils vivent en écumant canaux et rivières du centre Vietnam, d’où ils tirent leur subsistance. Ils vivaient principalement de la pêche, mais celle-ci, avec le temps ne leur a plus permis de vivre pleinement. Ils ont donc profité d’une autre opportunité à leur portée : l’exploitation du sable et du gravier que charrie le fleuve afin d’approvisionner les Sociétés de construction. Bien évidemment, c’est un travail pénible, qui leur permet tout juste de vivre au jour le jour.

D’après le site des Sampaniers du Vietnam .

Après avoir vu leur lieu initial de vie (au début de l’année 2007), nous nous rendons au village où une grande partie des Sampaniers a été sédentarisée et où, à terme tous devraient trouver un toit ; c’est tout le combat que mènent Thuy et Jean, que j’appellerai désormais T&J.

Thuy, Jean et les Sampaniers… Comment est né leur engagement ?

Mariés depuis 2004, ils créent en 2005 une entreprise touristique dont ils consacrent les bénéfices à l’aide aux personnes défavorisées. Ils ont déjà comme action le parrainage des enfants des Sampaniers par des touristes que le souhaitent. Ces parrainages consistent à verser une somme annuelle (environ 85 €) qui permet d’améliorer les conditions de vie de l’enfant parrainé. En 2007, T&J sont contactés par Marie et Jean-Yves CARUEL qui, souhaitant participer au Trophée du Routard du Tourisme Responsable (ou Voyageur Responsable) présidée par le célèbre photographe Yann Arthus Bertrand.

Vous pouvez lire sur site du trophée :

« AIDE AUX SAMPANIERS

Voyage Humanitaire au Vietnam

Voyage Humanitaire Eté 2007

Marie et Jean-Yves Caruel souhaitent apporter leur aide aux sampaniers, une population du Vietnam vivant principalement de la pêche et la revente de sable et de graviers extraits de la rivière. Avec un revenu moyen mensuel de 20€, les enfants sampaniers sont rarement scolarisés.

Les organisateurs prévoient 3 types d’actions :

1 – L’aide au parrainage et l’aide aux enfants non parrainés par du matériel scolaire. Ces enfants ont été recensés par une association locale. Leurs noms, photos, date de naissance, adresse, nom et profession des parents et nombre de frères et sœurs sont indiqués dans le dossier.

2 – Le soutien scolaire auprès des enfants du parrainage le plus en difficulté, à raison d’une heure par semaine, et ce afin de favoriser l’intégration scolaire. Ce soutien pourra être effectué par des étudiants rémunérés. Les organisateurs prévoient ainsi de mettre en place le système et de rechercher des étudiants en aout 2007 pour la rentrée scolaire de septembre.

3 – Le financement d’une habitation, matériel et main d’œuvre. L’objectif est d’apporter à une famille un foyer plus confortable et aux enfants une qualité de vie décente. »

Ayant été nommés Lauréats, leur projet vît le jour. Ainsi est née la construction de la première maison.

Parallèlement à cette action, Hélène Finiels et plusieurs autres, sensibilisés aux problèmes de Sampaniers, mènent des actions pour aider J&T dans leur démarche. Vient alors la création de l’Association les Sampaniers du Vietnam qui deviendra le principal financeur des actions auprès des Sampaniers.

L’association les Sampaniers du Vietnam

–       Leur but ? « Cette association a pour objet de collecter, en France, les fonds nécessaires à l’action humanitaire de Thuy et Jean GARCIA, domiciliés à Hué-Vietnam. Cette action, auprès des populations défavorisées du Vietnam, a pour but principal de mettre en place des parrainages en faveur d’enfants de familles démunies, et toute action qui pourrait être utile aux enfants ou à leur famille. »

D’après leur site consultable ici.

–       Leur démarche ? « Sensibiliser ceux qui veulent apporter une aide efficace et directe aux plus démunis du Vietnam, particulièrement dans un premier temps à ceux habitant la localité de Hué. (Leur) chance dans cette action, c’est de vivre près d’eux, à leur contact et de connaître leur quotidien. (Leur) avantage est de posséder un regard mixte où (leur) deux cultures respectives [celle de Jean, Français, et de Thuy, Vietnamienne, ndlr]  nous permettent de faire le lien entre les perceptions différentes de l’existence au travers des courants de pensée occidentale et asiatique. »

D’après leur site consultable ici.

–       Les types d’aides ? Le parrainage, qu’avaient initié T&J mais aussi des aides financières plus importante visant à aider les familles les plus pauvres mais également tous les enfants non parrainés.

–       Plus d’information ? Je vous invite à visiter leur site en cliquant ici. J’aurai l’occasion de le citer à plusieurs reprises lors de la suite du récit de notre aventure.

Les raisons de la sédentarisation

Après ces explications sur la genèse de l’action réalisée, retournons au village.

Je vous disais donc qu’une grande partie des Sampaniers ont été sédentarisé. Certains peuvent y voir, à priori, la perte d’une culture, d’une tradition (ce peuple étant habitué à vivre dans ces conditions de génération en génération). Cela pourrait être vrai si les inconvénients liés à leur vie n’étaient pas importants :

Premièrement, les conditions et la diminution des zones de travail sont un frein à leur réussite financière, de même que les fréquents problèmes climatiques (inondations, tempêtes) qui sont particulièrement mortels pour eux. De plus, toutes ces familles se sont grandement endettées pour financer leur embarcation. En outre, l’hygiène étant le parent pauvre des plus démunis, face aux besoins rudimentaire de subsistance, le taux de mortalité est très important ; à tel point que lorsqu’un enfant atteint l’âge de un an, une grande fête est organisée pour l’espoir que cela procure. Le dernier élément et non le moindre est la transmission de « père et mère en fils et fille » de cette charge de travail aux dépends du développement et de l’éducation des plus jeunes.

Tous ces points justifient entièrement le fait de sédentariser cette population. D’une part, cela permet aux enfants d’aller à l’école et donc d’offrir une éducation et une instruction. Ces deux éléments des conditions sine qua non de l’évolution et du développement des Sampaniers. Mais la culture et la tradition ne sont pas laissées de côté, mais conservées : les parents garde leur sampan et leur activité. Ils partent tous les jours à bord de leur outil de travail, draguer les fonds des cours d’eau à la recherche de sable. Leur enfant, pendant ce temps, son à l’école où il reçoive un savoir utile à leur indépendance. Ils pourront apprendre l’activité de leurs parents où suivre d’autres voies.

L’autre avantage de la sédentarisation est que les Sampaniers peuvent faire d’autres activités leur permettant de gagner de l’argent. Leur santé est améliorée grâce aux meilleures conditions d’hygiène.

A ce jour, quelques 106 familles ont eu un toit, grâce au concours de l’association Les Sampaniers du Vietnam en grande partie. En effet, le village construit est l’œuvre d’un généreux donateur auprès de l’association. Chaque année, cet homme très discret, donne gracieusement de l’argent pour les Sampaniers. C’est grâce à des personnes altruistes comme lui que la vie de bon nombre de personne s’améliore dans le monde.

Une école financée par l’association les Sampaniers du Vietnam

Petite visite dans l’école que finance l’association Les Sampaniers du Vietnam. Dans la cours, une vingtaine d’enfants émerveillés de nous voir. Réaction immédiate : rassemblement autour de ce groupe de personnes étrangères. Sourires timides, regards discrets, ils ne communiquent qu’avec Jean, qu’ils savent des leurs. Une petite fille se fait remarquer par son caractère et son énergie : c’est un leader. Le silence est parmi nous, les enfants intimidés et nous émus. Nous repartons au son des « au revoir » vietnamiens de ces merveilleux enfants.

La ludothèque, centre opérationnel durant notre mission

Nous continuons notre visite jusqu’à atteindre la ludothèque. Petite maison à étage, portes en bois vitrés, murs et barrières non peints. Au rez-de-chaussée, vit le gardien, responsable du site et sa femme, cousine de Thuy et institutrice, qui s’occupe des enfants après leur cours à l’étage. Un petit escalier en dur nous même à la pièce principale pleine d’enfant. Nous découvrons une terrasse qui couronne la moitié du bâtiment, et surplombe le paysage. Cet édifice est le plus haut dans cette petite localité. La pièce principale est sobrement équipée. Trois étagères de livres, une grande sur laquelle repose également une télévision et son lecteur dvd, une table de travail et un bureau. Dans le fond, deux salles de bain et une chambre supplémentaire. Cela permet lors des inondations d’offrir un refuge aux villageois. Ils sont certes à l’étroit, mais au sec et en sécurité. Cela évite les nombreux décès dus à ces épisodes climatiques.

Ce bâtiment a été construit et financé (en partie en tout cas), par des élèves de médecine qui sont venus, comme nous le faisons actuellement, l’année dernière dans le cadre de leur projet humanitaire.

Quel est notre rôle dans ce bâtiment ? Effectuer les finitions. Il faut choisir la couleur de la peinture. Difficile ! Ce lieu doit être visible, attrayant pour les enfants, non choquant dans le milieu environnant. Rassurons-nous, les vietnamiens semblent aimer les choses qui sortent du commun. Il ne faut donc pas s’inquiéter d’une unanimité opposée à notre choix. Après maintes discussions, nous choisissons un mélange de bleu céruléen et cyan, donnant un ton plus foncé à l’aspect brillant (presque fluo) du cyan. Ceci pour l’extérieur, avec les plafonds blancs. L’intérieur avec un jaune pâle et les meubles blancs. Les ordres sont donnés, le travail débutera dès le lendemain.

Retour vers Hué pour déjeuner, avant notre rendez-vous avec le Comité Populaire. Nous reviendrons sur les traditions culinaires ultérieurement.

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