Projet de solidarité internationale Vietnam 2015

Visite des futurs chantiers

Visite des chantiers

Chacun remonte en selle pour le grand périple. A quelques 300 m du Comité Populaire, nous nous arrêtons. Nous percevons d’abord l’odeur qui se dégage de ce qu’on devine être la décharge. Une benne à ordure verte pour seul conteneur, et un grand nombre d’ordure… aux alentours. Régulièrement, des personnes doivent mettre les déchets dans le conteneur avant que la société de ramassage ne passe le vider. On devine à peine le sol, pourtant en terre rouge, à cause de cette tapisserie que forment les déchets que l’on n’atteint jamais (sachet compacté, peau de fruit…). Cette décharge à proximité d’une colline (qui lui fait une barrière naturelle d’un côté) est en vis-à-vis avec la maison communale et les habitations. L’emplacement du mur de séparation est donc évident. Sortons de cette ambiance infecte et partons rencontrer les personnes qui bénéficieront d’une maison.

Ce passage sera modifié avec les informations nouvelles que nous avons eues.

Nous arrivons par un petit chemin en terre tassée (et non battue) encore humide jusqu’au domicile d’une dame. Cette personne âgée vit seul dans ce que nous, avec le confort que nous connaissons, appellerons une cabane. Elle ne travaille pas et se fait aider par quelques voisins et sa famille. Une seule pièce constitue le lieu de vie. Construite en bois, ce refuge ne résisterait pas à un vent fort, encore moins à une tempête ou aux prochaines crues, qui comme l’expérience le montre, arrive chaque année entre octobre et décembre. Fondations inexistantes, quatre poteaux en acier (donnés par le gouvernement pour solidifier la structure) soutiennent toute la structure faite de bambou et de draps ou bâches. L’aménagement ? Très sobre ! Dans la pénombre constante toute la journée, on devine la forme de deux lits. Les matelas n’existent pas, on dort à même les planches de bois. Un seul autre meuble, dédié au culte, occupe le peu d’espace restant. A l’extérieur, un coin feu et un coin eau dédiés aux besoins culinaires et corporels.

Le projet initial de construire une maison a été annulé par le Comité Populaire quelques jours après car la famille de cette dame exigeait une maison plus grande, sans rajouter de supplément et pour pouvoir en bénéficier à son décès. Il s’avère que ses proches ont les moyens pour aider cette personne et les conditions qu’ils posaient ne pouvaient être acceptés. Cette première maison ira donc à une autre personne, choisie par le Comité Populaire, dans une situation similaire à la première. Cette situation reste anecdotique, il semble que cela arrive très peu souvent.

Nous continuons notre route jusqu’à la deuxième famille choisie.

Arrivée dans une maison, au cœur d’un sous-bois. A nouveau, une petite maison en bois. Celle-ci possède toutes les contraintes de celle précédemment décrite mais représente un danger : en effet, construite sans fondations sur un terrain « boueux », elle s’est mise à pencher, telle une tour de Pise. Elle peut donc s’effondrer d’un jour l’autre. La propriétaire ? Une femme d’une cinquantaine d’année, revendeuse au marché ou elle se rend tous les jours à vélo, qui vit du peu de sou qu’elle gagne. La maison devait initialement être construite à côté de celle déjà existante, sur le terrain familiale, mais les proches de cette dame s’y sont opposés pour des questions spirituelles d’une part et pour éviter les jalousies d’autre part. Le Comité Populaire a donc fait don d’un terrain à cette dame à plusieurs kilomètres de là, obligeant cette courageuse personne à changer de milieu de vie. Très positive, elle s’est déjà trouvé un nouveau marché ou travailler et est prête à continuer à se déplacer à vélo.

La visite de la troisième maison ne s’est pas faite le même jour mais dans les semaines qui suivent. Il s’agit du domicile d’une personne très âgée qui a une maladie cardiaque. Elle a perdu son fils unique très jeune, a été atteinte de folie et s’est fait abandonnée par son mari. Il ne lui reste qu’une nièce, qui vient s’occuper d’elle plusieurs fois par semaine, et ses voisins. Elle nous dit qu’elle mange trois jours avec 10 000 VND (soit 0,34 €), grâce à des personnes généreuses qui lui apportent de quoi se sustenter. Le repas quotidien est le riz, peu souvent accompagné d’autre chose. Contrairement à la famille précédemment mentionné, nous voyons nettement l’état de misère (je vous dirai ultérieurement ce que j’entends par misère) dans laquelle se trouve cette dame.

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